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Hauts-de-France

Blés : envisager un traitement fongicide tardif uniquement dans certaines situations

Actuellement, les stades des blés se situent entre début remplissage, pour les plus précoces, à début floraison, pour les derniers semis ou les secteurs du nord. Les contaminations par les maladies ont fortement progressé, à la faveur des conditions très pluvieuses du printemps, enregistrées en mai et pendant toute la floraison. Est-ce toutefois pertinent de positionner une dernière intervention fongicide dans les jours qui viennent ? C’est la question qui peut se poser pour la majorité des parcelles qui arrivent à fin floraison et qui ont déjà reçu un traitement T3. Selon les résultats d’essais, en cas de fortes attaques, un traitement tardif n’est justifié que s’il apporte un intérêt technique et économique. Ce qui concerne finalement donc peu de situations dans notre région.  

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Selon le potentiel de la parcelle, on dit souvent qu’une intervention fongicide peut être valorisée jusqu’au stade grain laiteux (environ stade épiaison +400°C) ; au-delà, même si les symptômes des champignons pathogènes progressent sur le feuillage, une intervention supplémentaire est rarement valorisée car la céréale termine son cycle de végétation, les feuilles n’interviennent plus dans le remplissage.

Mais dans certains cas où la floraison était précoce (mi-mai) et/ou le positionnement du T3 un peu anticipé, on arrive cette semaine à 20 jours depuis la dernière intervention, donc en fin de rémanence de la protection fongicide (sauf si la dose du T3 a été montée). La question se pose d’un traitement relais de protection contre la septoriose et/ou la rouille brune cette année. Contre les fusarioses des épis, il est dans tous les cas trop tard, en post-floraison, pour intervenir.

Les expérimentations passées conduites par ARVALIS pour évaluer l’intérêt d’un fongicide tardif montrent que celui-ci ne se justifie d’un point de vue technico-économique que dans les parcelles :

  • présentant un bon potentiel avec un sol profond où la finition est lente (à mettre en perspective avec le potentiel de cette année…).
  • où le stade épiaison + 400°C (stade grain laiteux environ) n’est pas dépassé.
  • où la fin de cycle de la culture est prolongée par l’absence de déficit hydrique et d’échaudage thermique.
  • où la pression maladies foliaires est importante avec des contaminations tardives.
  • où l’application fongicide est effectuée à dernière feuille étalée/épiaison à dose réduite (persistance d’action plus faible).

A titre d’exemple, dans nos essais de 2016 dans l’Aisne, le gain de rendement permis par un rattrapage tardif post-floraison après un programme en trois passages, variait de 2 et 3,5 q/ha : ce relais est donc vraiment à adapter à chaque parcelle, au prix du blé… pour valoriser technico-économiquement ce passage.

En revanche, dans le cas de protections « haut-de-gamme » bien positionnées (T1 puis T2 puis T3), ou dans les sols plus superficiels à finition rapide, un traitement tardif après la floraison n’est pas valorisé, et donc, pas nécessaire.

Que retenir ?

On ne systématise pas les interventions et on intervient seulement si la pression maladies reste forte et si la finition de la parcelle n’est pas rapide.

Pour les variétés peu sensibles et/ou pour les parcelles bien protégées et dont le dernier traitement est inférieur à 15-20 jours, on est encore largement dans la période d’action du traitement fongicide → on ne se pose pas la question, un relais post-floraison n’est pas nécessaire.

Pour toutes les parcelles de blés semées tôt avec des variétés précoces (normalement adaptées aux semis tardifs) et donc très avancées en stades, même si le T3 a été fait il y a plus de 15-20 jours, les stades sont aujourd’hui généralement trop avancés pour valoriser une protection fongicide → on n’intervient pas.

En revanche, pour les situations qui sont à début remplissage cette semaine et où les maladies ne sont pas contrôlées : variétés sensibles, sous-dosage, traitement T3 trop anticipé et réalisé il y a plus de trois semaines, et si le potentiel est bon → un traitement tardif peut être envisagé contre la septoriose et/ou contre la rouille brune pour prolonger le feuillage une dizaine de jours, et ainsi, aller chercher quelques quintaux supplémentaires. Cette valorisation ne sera pas possible si les stades sont trop avancés ou si la finition se fait trop rapidement.

Dans tous les cas, attention à respecter le Délai Avant Récolte (DAR). Pour certains fongicides, le DAR est supérieur à 35 jours, ou fixé avant le stade BBCH 71, qui correspond au stade grain formé.

En résumé
- Le gain d’un relais fongicide post-floraison tourne entre 2 et 4 q/ha maximum en cas de pression élevée.
- Pour les variétés peu sensibles et/ou pour les parcelles bien protégées et dont le dernier traitement est inférieur à 15-20 jours -> on ne se pose pas la question, un relais post-floraison n’est pas nécessaire.
- Pour les parcelles où la maladie n’est vraiment pas contrôlée (variétés très sensibles, petites doses, mauvais positionnement des traitements…) et si le dernier traitement T3 à floraison date de plus de 20 jours, on peut envisager un traitement tardif pour prolonger le feuillage d’une dizaine de jours (uniquement si le stade grain pâteux n’est pas dépassé).

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